faut-il être minimaliste pour être écolo ?

Faut-il être minimaliste pour être écolo ?

J’avais envie d’entamer une nouvelle petite série d’article aujourd’hui concernant les injonctions liées à l’écologie. Faut-il être minimaliste, végan et ZD pour être écolo ?

1.    L’écologie et ses injonctions

On a l’impression quand on écoute toutes ces remarques qu’il faudrait être parfait pour agir, qu’il faudrait mettre de côté ses centres d’intérêt, son bien-être pour sauver la planète. On fait culpabiliser ceux qui agissent tandis que d’autres s’assoient sur le respect et nient même l’évidence. Comme si on comptait sur quelques parfaits écolos pour préserver l’environnement pendant que d’autres peuvent continuer de polluer, surconsommer, fermer les yeux. 

Tant d’injonctions liées à l’écologie

Petite liste non-exhaustive des remarques lues ou entendues :

  • Un vrai écolo ne mange pas de viande
  • Il ne prend pas l’avion
  • Un vrai écolo n’achète que des produits bio
  • Il ne va pas au supermarché
  • Un vrai écolo a son propre potager
  • Il cuisine tous ses plats 
  • Un vrai écolo est minimaliste

Et de clichés

Oui, un vrai écolo vit dans une cabane au fond des bois, se nourrit de ses cueillettes et cultures, n’a pas accès ni à l’eau potable ni à l’électricité, n’utilise aucun moyen de communication moderne (adieu téléphone et internet) et se chauffe au bois. Et si on acceptait juste l’idée qu’on vit avec notre temps, qu’on fait notre possible et que si tout le monde agissait de la sorte, on pourra protéger notre belle planète ? 

Quand je vois ces personnes, désireuses de changer leurs habitudes, qui finissent par abandonner à cause de ces injonctions, de cette culpabilisation massive, je trouve ça tellement dommage. Je comprends qu’elles laissent tomber. Ça devient une contrainte, une charge mentale, une source de stress, parce que la société nous culpabilise. Ceux qui font des efforts sont pointés du doigts. Où est la logique ?? 

Je vais donc vous embarquer dans mes recherches pour les trois prochains articles. On va s’intéresser au minimalisme, au zéro déchet et au véganisme. Que sont précisément ces concepts ? En quoi permettent-ils d’améliorer notre impact sur l’environnement ? Quelles en sont les limites ? 

2.    Définition du minimalisme

Étrangement, c’est le paragraphe de cet article qui me pose le plus de problème à la rédaction ! On trouve difficilement une définition claire du minimalisme. Pour certains, il s’agit de simplifier sa vie à l’extrême ; pour d’autres c’est se contenter de peu ; d’autres encore penseront qu’il s’agit de se décharger des biens matériels qui nous encombrent. Il semblerait que le minimalisme soit souvent associé à la surconsommation

Pousser à l’extrême, le minimalisme est un mode de vie impliquant une limitation des possessions matérielles, des activités, des loisirs pour aller vers une vie plus simple.

Dès le départ, personnellement cette définition me pose problème. Ce qui fait sens dans ma vie, ce sont les activités, c’est l’apprentissage, c’est la curiosité, c’est m’intéresser à un tas de choses différentes. Il faudrait donc que je cesse de m’intéresser à tout ça pour pouvoir être minimaliste et donc écolo ? 🤔

Je trouve dommage d’en faire à nouveau une injonction : « il faut réduire vos loisirs et vos biens pour être un bon écolo ». Nous n’avons donc pas le droit d’avoir des loisirs ou des centres d’intérêts encombrants ou qui nécessiteraient l’achat d’objets ou de matières premières ? Nous devons nous priver de certains plaisirs ? En quoi est-ce mieux pour la planète et mon bien-être ? 

Afin que l’écologie ne devienne pas une charge mentale, nous allons revenir sur les fondamentaux ! 

3.    Faire l’amalgame entre écologie et minimalisme

On entend souvent qu’être écolo signifie être minimaliste. Ce n’est pourtant pas la même chose. L’écologie implique effectivement d’avoir un mode de consommation plus responsable. Je pense que toute personne qui se préoccupe de l’environnement finit par se poser des questions sur sa consommation, sur la quantité de biens matériels qu’elle possède, sur l’utilité d’en avoir autant. Pour autant, l’écologie ce n’est pas ne plus rien posséder.

Quelques questionnements

  • A-t-on besoin d’autant de vêtements dans notre armoire puisqu’on n’en porte même pas la moitié ? (Faites le test et compter le nombre de pièces que vous portez réellement et qui vous sont indispensables 😅)
  • Les enfants ont-ils besoin d’autant de jouets ? 
  • A-t-on besoin d’acheter tous ces livres pour ne les lire qu’une seule fois ? 
  • Est-il utile d’avoir tant de déco poussiéreuse sur les meubles ? 
  • Ai-je vraiment le temps d’utiliser tout mon matériel de loisirs créatifs ? 
  • Ai-je besoin d’autant de produits cosmétiques ?
  • Est-il nécessaire d’acheter systématiquement des marques ? 

Et sans doute bien d’autres interrogations du même genre. 

Être écolo, c’est :

  • S’interroger sur sa consommation
  • Réfléchir aux points sur lesquels on peut agir
  • Prendre conscience qu’on est fortement influencé par les pubs
  • Essayer de se détacher de ces pubs afin de ne pas acheter des produits dont on n’a pas besoin
  • Réfléchir plusieurs fois avant d’acheter
  • Se demander avant tout achat si on en a vraiment besoin
  • Faire du tri régulièrement
  • Revendre ce qui ne sert plus (jouet ou vêtement des enfants par exemple). 
  • Suivre la méthode Bisou
  • Ralentir le rythme des activités si on en ressent le besoin

Etre écolo, ce n’est pas :

  • Arrêter un loisir qui vous fait du bien
  • Alourdir sa charge mentale
  • Culpabiliser à chaque achat
  • Refuser une activité qui vous fait plaisir

4.    Réduire sa consommation

De ce que j’ai pu lire, être minimaliste, c’est quand même principalement sortir de l’engrenage de la surconsommation. Là, on est bien d’accord qu’il va falloir en passer par là et repenser notre rapport à notre consommation pour avancer dans notre transition écologique 😉

Alors, une fois encore, on ne parle pas de tout supprimer (meme si effectivement, pousser à l’extreme, c’est ce que certains minimalistes recommandent !!) mais de réduire. 

Comment s’y prendre ?

 Réfléchir à sa consommation

Allez hop, on prend une feuille et un stylo et on répond à quelques questions.

  • Quels sont mes centres d’intérêt ?
  • Quels sont les plus couteux ?
  • Suis-je dans une consommation excessive dans ces domaines ?
  • Que m’apportent-t-ils ? Un vrai épanouissement ou une pression supplémentaire ? 
  • Puis-je me lancer un challenge zéro dépense le temps de me servir de ce que j’ai déjà ? (Lire les livres de la pile, utiliser mon matériel de scrap, tester mes palettes de maquillage, assortir différemment les belles pièces de ma garde-robe, finir tous mes jeux vidéo)
  • Puis-je faire du tri ? Désencombrer ? 
  • Pour les collectionneurs, peut-on envisager d’arrêter cette collection ? Que représente-t-elle ? Pourquoi suis-je si attaché à ces objets ? 
  • Puis-je modifier mes habitudes de consommation pour de l’occasion ou du reconditionné ? 

Désencombrer

On fait du tri, on désencombre son intérieur. On vend, on donne. Ça fait un bien fou. On récupère de la place et en plus, ça nous permet de nous rendre compte de ce dont on a réellement besoin. Peut-être que ce meuble ne vous convient plus, ne vous correspond plus (ou juste vous déplait profondément !). On s’en débarrasse et on trouve le meuble (d’occasion ou en neuf) qui correspond à nos besoins. Idem pour les vêtements. Et si on se débarrassait enfin de tous ces vêtements qui appartiennent à une autre époque ? Ceux que l’on portait ado et que l’on garde par attachement sentimental ou comme preuve d’un passé parfois plus joyeux ? Et si on se détachait de ces affaires qui nous ramènent à un temps qui n’existe plus et nous empêche parfois d’avancer ? 

Faire le point

Maintenant que vous avez répondu à toutes ces questions et désencombré, vous pouvez faire le point sur les actions à mettre en place. Vous vous rendrez compte que dans certains domaines, vous êtes déjà minimaliste. Que dans d’autres, vous n’avez pas de besoins particuliers pour l’instant donc que vous pourrez éviter les achats. Peut-être allez-vous également vous rendre compte que vous vous imposiez certaines activités qui finalement ne vous convenaient pas ou bien allez-vous redécouvrir d’autres loisirs qui demanderont quelques dépenses. 

C’est maintenant que vous saurez ce dont vous avez besoin pour être en accord avec votre transition écologique mais aussi avec vous-même. Ce n’est qu’en étant en accord avec vos besoins et envies que vous parviendrez à tenir cette transition sur le long terme et à vous sentir en phase avec cela.

5.    Être partiellement minimaliste

On peut être écolo et attentif à sa consommation sans être minimaliste sur tous les fronts ! 

Un peu minimaliste

Pour ma part, je n’ai que trois pantalons dans mon placard et deux pulls, ma garde-robe est extrêmement limitée parce que je n’en ai pas besoin de plus. Je n’utilise pas de produits cosmétiques et très peu de produits de beauté. Nous n’avons que peu de déco si ce n’est quelques bougies parfumées parce que je n’aime pas m’encombrer d’objets. Je n’achète que très peu d’appareils multimédia, j’ai un IPhone et un Mac, indispensable à mon activité professionnelle, que j’ai acheté sur Back Market et que j’userai jusqu’à ce qu’ils deviennent trop lents. Dans tous ces domaines, on pourrait peut-être me considérer comme minimaliste. 

Mais pas totalement !

Mais à côté de ça, je suis passionnée de loisirs créatifs et de livres. Les bouquins, je les achète d’occasion principalement histoire d’être plus attentive à ma consommation et de réduire mes achats de neuf. En loisirs créatifs, qu’il s’agisse de matière première ou de machine, je les trouve parfois d’occasion mais j’achète également beaucoup de neuf. J’ai un atelier plein, que j’adore, dans lequel je passe énormément de temps à créer, à bricoler, à patouiller. Je me fais plaisir avec toutes ces activités qui nécessitent toutes des achats (aquarelle, scrapbooking, lettering, journaling, mixed media) et je fais plaisir aux autres en créant tous mes cadeaux moi-même. Ça m’éclate. Je récupère beaucoup, je recycle, je détourne.

Ce n’est pas minimaliste. Du tout. D’abord parce que je multiplie les activités (haaaaan pas bien !!) et parce que j’achète et stock en plus (ce scandale). 

Monsieur lui adore bricoler, il fabrique des meubles, customise des pièces. Il a également un immense atelier pour ses créations. Doit-on l’un et l’autre s’excuser et culpabiliser de faire du mal à la planète parce que soi-disant on n’est pas écolo ??? Je ne crois pas et je vous invite vous aussi à arrêter de culpabiliser, à faire de votre mieux dans les domaines où cela est possible mais sans vous priver d’activité qui vous plaise, sans vous en vouloir parce que vous n’avez pas suivi le challenge zéro dépense ou que vous n’avez pas la fameuse capsule wardrobe. 

Il y a juste des domaines dans lesquels c’est faisable pour nous, compatible avec nos activités ou notre quotidien, et d’autres dans lesquels ce n’est pas possible. Et si au contraire, vous ressentez le besoin de vous allégez dans tous les domaines, de vous tourner vers le minimalisme, alors suivez votre intuition, vos besoins. Il n’y a pas UNE bonne manière de faire mais plein d’écogestes, d’actions et de possibilités en fonction de nos situations personnelles.

6.    Alléger sa charge mentale

Se questionner

La principale raison qui pousse les gens à abandonner leur transition écologique est la charge mentale… C’est quand même dramatique ! C’est censé être un mode de vie qui allège nos esprits, nous simplifie la vie, nous permet de renouer avec la nature, nous permet d’agir et de nous sentir mieux en préservant l’environnement. Certainement pas en sacrifiant notre bien-être et notre santé mentale !! 

Alors, on prend le temps de se poser et de s’interroger. Quels sont les domaines dans lesquelles je peux facilement modifier mes habitudes ? Quels sont ceux qui me demanderont plus d’effort ? Y’en a t il où je ne souhaite pas changer (oui il peut y avoir et ce n’est pas grave !) ? Par quoi puis-je remplacer certaines habitudes de consommation ? Quelle pièce ai-je du mal à désencombrer ? Ai-je vraiment besoin de cette activité ou bien me la suis-je imposée ?

Agir pour soi

Je reviens plus longtemps sur cette dernière question. Interrogez-vous tout de même sur les raisons qui vous poussent à consacrer temps et argent à une activité ou à des objets. Pour ma part, les livres et les loisirs créatifs m’apportent un réel bonheur, celui d’apprendre, de créer, de réfléchir, de découvrir, d’offrir. Il n’y a rien de négatif ou néfaste pour moi dans ces activités. En revanche, si vous faites une activité pour faire plaisir à quelqu’un d’autre ou parce que c’est à la mode ou pour passer l’ennui, peut-être serait-il temps de vous recentrer sur vous et sur ce que vous aimez vraiment. 

De la même façon, les gens qui collectionnent les vêtements, le maquillage ou les jouets parce qu’acheter leur procure du bien être sans même qu’ils ne s’en servent après, ont peut-être un souci d’achats compulsifs. Ça cache peut-être une problématique plus profonde sur laquelle il serait intéressant de réfléchir. Ou demander de l’aide pour ça d’ailleurs. Le fait de collectionner certains types d’objet ou d’avoir des comportements de dépense excessive peut effectivement être symptomatique de problèmes plus important, d’un mal être qui demande à être travaillé. 

Conclusion

En conclusion, tendre vers plus de simplicité est très interessant, on dépense moins, de manière plus éthique et respectueuse de notre bien-être et de l’environnement. Le minimalisme est un concept utile pour désencombrer son intérieur et repenser sa consommation. On voit ici le lien profond entre transition écologique et bien être. Cela vous permet de réfléchir sur vous, sur vos besoins, vos attentes et d’avancer vers un mode de vie plus sain et simple qui vous correspond.

En revanche, mieux vaut éviter de tomber dans l’excès en se refusant tout et en culpabilisant sans cesse au risque d’alourdir votre charge mentale et la pression du quotidien 😉 Et si on essayait le minimalisme dans certains domaines de vie sans pour autant se l’imposer en tout ? Les maîtres mots de l’écologie sont “consommation raisonnée” : consommer moins, mieux, et en accord avec soi.

Vous pourriez également aimer...

2 commentaires

  1. Paula a dit :

    En plus si personne n’achète, l’économie s’effondre… Il faut aussi vivre avec notre temps, faire au mieux, avoir une consommation responsable ne veut pas dire arrêter de vivre

    1. C’est tout à fait ça 😊

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.